Le diagnostic : Niamey, 2010

Le rôle d’aménageur du Géomètre étant fondamental et tout aussi important tant en milieu rural, qu’urbain ou périurbain, des missions d’une telle importance pour l’intérêt général ne peuvent être confiées à des personnes aux compétences insuffisantes.

 

C’est la raison pour laquelle la FGF, dès sa création, a inclus dans ses objectifs l’amélioration de la formation, non seulement des Ingénieurs Géomètres Topographes, mais également de leurs collaborateurs, tout particulièrement en Afrique.

Cette amélioration passe tout d’abord par une harmonisation de la formation initiale dans les différents pays, puis par une mise à jour des connaissances par la formation continue.

 

Avec le soutien d’ONU-Habitat, la FGF a organisé les 14 et 15 octobre 2010 à Niamey au Niger le premier séminaire de réflexion et d’évaluation des besoins sur ce sujet.

 Avec près de 15 pays africains francophones présents, les deux journées de travail du séminaire, ont permis de dresser un état des lieux complet de la formation initiale et de l’accès à la profession de géomètre dans ces pays, caractérisés par  :

 

1. le manque d'écoles de formation, notamment pour les ingénieurs. Il s'ensuit donc la poursuite très coûteuse des études à l'étranger (même avec un système de bourses) et principalement en Europe, pour un petit nombre seulement d’étudiants africains ;

 

2. une pénurie de géomètres qualifiés dans la plupart de ces pays, au regard des besoins et de la superficie des territoires nationaux, qu’ils soient amenés à œuvrer dans les secteurs privé ou public ;

 

3. un manque de connaissances et de savoir-faire en matière de droit foncier local, en particulier lorsque le géomètre a étudié à l'étranger ;

 

4. une absence presque totale de formation continue des enseignants et formateurs, dont les étudiants souffrent directement.

 

5.  un manque de communication entre formateurs et entre écoles et centres de formation ;

 

6. dans certains pays, un fort problème d’attraction du métier d’enseignant auprès des jeunes diplômés ; principalement en raison du très bas niveau des salaires par rapport à un emploi dans le secteur privé (pétrole, mines) avec le même niveau de qualification. En résultent le vieillissement accéléré des enseignants, la baisse de leur niveau de qualification et une importante pénurie quantitative ;

 

7. le manque d'intérêt des États et des gouvernements pour cette voie de formation, en grande partie dû au coût relativement plus élevé de ces études, compte tenu du matériel nécessaire à cette formation ;

 

8. un manque d'équipement et d'importants problèmes de maintenance et d’entretien des matériels (GPS, matériel de CAO, etc).

 

Notre réponse

Sur la base de ce diagnostic, la FGF a formulé un certain nombre d’axes prioritaires pour déployer son assistance, parmi lesquels :

 

1. Aider à organiser la profession dans les pays où elle n'est pas organisée, afin de n’avoir qu’un seul interlocuteur auprès des pouvoirs publics, mieux communiquer sur la profession et attirer les jeunes sur cette voie de formation ;

 

2. Contrôler l'exercice de la profession, le diplôme donnant accès à la pratique, la qualité de cette pratique professionnelle, lutter contre la pratique illégale et le risque de commerce de faux diplômes. Mais les ordres professionnels ne doivent pas se révéler paralysants ou protectionnistes. Au contraire, ils doivent contribuer à ouvrir cette voie de formation et la promotion interne, qui peut être une grande solution au problème en ce qui concerne le renouvellement générationnel et contribuer à accélérer la féminisation de la profession ;

 

3. Harmoniser les conditions d'accès à la profession, en particulier le niveau d'études minimum requis pour exercer, afin que la profession ne soit pas pratiquée par des personnes qui n'en ont pas le niveau de compétence ;

 

4. Mettre en place un système de formation de référence pour les arpenteurs-géomètres, pour tous les pays d'Afrique subsaharienne, qui puisse être ajusté en fonction du diplôme (techniciens et ingénieurs), pour créer l'opportunité d'un diplôme reconnu par le Ministère de l'Éducation de chaque pays de cette région (diplôme d'Etat) ;

 

5. Soutenir une meilleure formation (initiale et continue) des arpenteurs-géomètres et des techniciens, ainsi que des formateurs et enseignants, avec la création d’un réseau de formateurs favorisant l’échange d’expériences, la mise en place de programmes de formation continue pour la région, du type « universités d'été », avec la participation d'experts internationaux, et encourager le recours à la formation en ligne.

 

6. Afin de remédier aux lacunes en matière de fourniture et de maintenance des équipements, mettre en contact les écoles et centres de formations avec les fabricants, pour envisager notamment la mutualisation des achats et la formation de techniciens de maintenance.